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Attention? Concentration? 2ème partie

 L’attention sélective

   

      A partir des définitions de l’attention dans l’article précédent, je vais à présent, essayer de détailler l’attention en commençant par aborder son côté sélectif.

         L’attention est sélective, dans le sens où un individu décide volontairement de choisir quels éléments il souhaite prendre en compte pour agir.

        Par exemple, avant de choisir de prendre une vague, le cerveau d’un surfeur a accès à de nombreuses informations: la fréquence et la hauteur des vagues, l’orientation de la houle, la présence d’un banc de sable, l’orientation du vent, le speaker qui annonce les scores, la position de ses adversaires, les cris du public, les sifflets du coach, l’intensité de la lumière et la position du soleil, ses pensées dirigées vers le fait d’avoir ou non choisi la bonne planche, la bonne tactique, la sensation d’avoir une douleur dans un muscle, sa fatigue musculaire ou nerveuse, le fait d’avoir eu quelques mots avec sa femme ou ses amis le matin, de constater que sa montre tombe en panne, que son leash casse etc. Force est de constater que les informations qui se posent et s’imposent aux sportifs sont très nombreuses…Pour chaque action recherchée, la multitude d’informations disponibles à l’individu, rend donc, de fait, impossible leur considération et leur prise en charge dans leur totalité.

         Pour être efficace et pour répondre aux attentes de la tâche de l’exemple (choisir une vague), le surfeur doit être capable de faire un choix en sélectionnant certaines informations qu’il juge utiles à cet instant précis. Ceci étant dit (et compris?), la suite logique pour le sportif sera donc d’apprendre à sélectionner les informations dans l’urgence qu’impose la vitesse du jeu dans le haut niveau, en ne retenant que les « utiles à la bonne réalisation de la tâche ». En effet, si certaines informations sont pertinentes à prendre en compte pour être efficace, d’autres ne le sont pas et même pire, elles peuvent causer l’effet inverse en perturbant le sportif. Ces éléments perturbateurs de la performance sont appelés les « éléments de distractions » ou « distracteurs ».

         Le principe étant toujours le même pour les actions et les tâches que chacun réalise dans son quotidien, j’aurais pu choisir un autre exemple sportif pour expliquer mon propos. Dans un souci d’ouverture et de transversalité, j’aurais même pu prendre un autre exemple qu’une action sportive ( conduire, passer un entretien d’embauche, jouer un morceau de musique, peindre, repasser, chanter, apprendre une récitation…et même penser).

         Pour résumer, nous pouvons affirmer que l’attention nous permet, à chaque instant, de percevoir les informations disponibles puis de faire un « tri pertinent » parmi toutes ces informations sensorielles disponibles…du fameux VAKOG (Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif et Gustatif), que j’expliquerai dans un prochain article.

        Pensée sélective en compétition

         L’environnement compétitif impose aux sportifs une multitude d’informations venant de toute part en touchant ses 5 sens (VAKOG), qu’il reçoit, puis traite ( le TDI ou traitement de l’information) en permanence, à chaque instant et dans une urgence inhérente au sport de haut niveau. Pour être pleinement efficace pendant l’action, le sportif doit donc savoir sélectionner les informations nécessaires à la tâche, mais comme rien n’est simple, il doit, en prime, parvenir à balayer tous les distracteurs internes(pensées parasites, manifestations cognitives et somatiques du stress, anxiété, doutes, peurs…) et externes ( la pluie, le vent, une intimidation d’un adversaire…) qui grignotent une grande partie de ses ressources attentionnelles. En détournant le sportif des informations pertinentes dont il a besoin, il est inutile d’expliquer que toutes ces distractions influencent négativement l’action à réaliser.

   Comment nos cellules grises se chargent du traitement de l’information?

         En réponse à un stimulus (externe ou interne), le cerveau (le chef d’orchestre de nos opérations mentales) doit donc d’abord absorber cette montagne d’information, les sélectionner, les traiter, pour finir par renvoyer (rendre? offrir?) une réponse.

         L’attention sélective est une capacité que tout le monde (quelque soit son domaine d’intervention et sa compétence), peut (doit!?) apprendre à maîtriser. Elle est, très probablement, la plus importante caractéristique cognitive du sportif performant. C’est ici qu’existe une grande différence entre les sportifs débutants, les confirmés et l’élite. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette différence entre eux se fait principalement dans la sélection des informations et non dans la quantité des informations traitées. En quelque sorte, la qualité l’emporte sur la quantité; l’élite est plus efficiente dans le fait d’aller à l’essentiel dans le traitement de l’information.

         Pour simplifier le propos, les sportifs de haut niveau sélectionnent mieux et plus rapidement les informations dont ils ont besoin pour être performant…mais…stop au fatalisme (je sens déjà des inquiétudes ici et là), pas de panique… car la bonne nouvelle est que rien n’est figé. L’attention sélective (comme les autres habiletés mentales d’ailleurs) n’est pas innée, elle s’acquiert par apprentissage.

         Pour progresser dans ce domaine, il me semble donc essentiel d’ intégrer un apprentissage de l’attention dans la planification d’entrainement des sportifs. Il est possible, je vous l’assure, de les faire progresser dans la réalisation d’une tâche (un geste technique, une prise de décision…), en lui proposant de « rudes, variés, surprenant et innovants » distracteurs externes lors de l’entrainement. Par exemple, on pourrait envisager, lors de l’entrainement, de demander à un joueur de poker de fixer son adversaire dans les yeux sans bouger lorsqu’il bluffe (son attention serait uniquement centrée sur lui, sur son body language et non sur les cartes ou la possibilité d’être démasqué); à un footballeur de tirer un pénalty face à un gardien qui bouge de façon étrange face à lui (son attention serait centrée, non pas sur le gardien, mais sur le pied d’appel puis la surface du pied utilisé pour la frappe); un archer de tirer avec, en fond sonore, une musique qu’il déteste (pour arriver à faire abstractions des sons environnants) etc. dans le but de « garder le bon, l’essentiel, l’utile tout en chassant le mauvais! ».

         Entraineurs, sportifs, parents, enseignants…si vous souhaitez progresser, ou faire progresser ceux dont vous avez la charge, les outils et exercices existent…vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire.

Cliquez sur l’image pour voir si ce joueur bluffe.

 

 

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