La déontologie en préparation mentale

 

   La compétition, l’affrontement, le défi exacerbent nécessairement le besoin de résultats, la soif de victoire, les intérêts économiques et humains. Pour la « victoire à tout prix », les athlètes de haut niveau sont souvent prêts à tout.

   Dans cet environnement mêlant des égos et des personnalités particuliers et marqués, le préparateur mental peut-être acteur et témoin privilégié de tous les débordements dont l’être humain est capable. La tricherie, le dopage, la violence, le mensonge nécessitent une déontologie sans faille de la part du préparateur mental. Le sérieux, la compétence et la démocratisation progressive de cette profession permettra, à n’en pas douter, de faire tomber dans l’oubli les quelques gourous et manipulateurs de sportifs (exemple de Christine Aron…), pour laisser la place à des personnes recherchant l’autonomie, le plaisir de l’athlète en même temps qu’ils viseront l’optimisation de ses performances.

    Lorsque les contraintes budgétaires et culturelles seront moins prégnantes, la persuasion de la nécessité d’intervention d’un préparateur mental, au sein de structures sportives, laissera apparaître une réelle et rapide optimisation des performances de tous les athlètes. Les « premiers explorateurs » de la préparation mentale peuvent en témoigner.

   En tenant compte de ces éléments, aujourd’hui, psychologue de formation ou non, le préparateur mental, ou l’intervenant en psychologie du sport, a le devoir de respecter les règles déontologiques et éthiques.

    Du grec, « deon », « -ontos »: ce qu’il faut faire, et « logos »: discours, la déontologie est la science morale qui traite des devoirs à remplir. La déontologie régit un mode d’exercice d’une profession (déontologie professionnelle) ou d’une activité, en vue du respect d’une éthique. Un code de déontologie regroupe un ensemble de droits et de devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l’exercent, les rapports entre ceux-ci et leurs clients ou le public.

 

       1)  Le code de déontologie des psychologues de France du 22 mars 1996 (révisé en février 2012) :   un outil fondamental de l’intervention.

    Le respect de la personne est le premier principe du code de déontologie des psychologues, signé par les associations représentant les psychologues et les enseignants-chercheurs en psychologie.

   Le respect de la personne, dans sa dimension psychique est un droit inaliénable. Sa reconnaissance fonde l’action des psychologues. Cela concerne le respect des droits fondamentaux des personnes, de leur dignité, de leur liberté, de leur protection, du secret professionnel et implique le consentement libre et éclairé des personnes concernées.

    Au niveau de l’entretien, cette position éthique peut se traduire par le respect de la personnalité du sujet, de ses appartenances sociales, culturelles, professionnelles et de certains de ces aménagements défensifs. Pour Cuisinier, (1997), l’entretien individuel serait « une situation d’échange conversationnel entre deux personnes, afin de recueillir des informations dans un cadre spécifié. »

   Dans ces conditions, le préparateur mental doit faire preuve d’une acceptation inconditionnelle de tout ce qui est dit, de la manière dont cela est exprimé et du fait que le sportif ne souhaite pas exprimer tel ou tel sentiment.

   Il ne doit pas formuler de jugement, de critiques ou de désapprobation à l’égard du sujet et doit faire preuve d’une compréhension empathique et d’une neutralité bienveillante.

       2)  La Société Française de Psychologie du Sport

    Dans le domaine du sport, la Société Française de Psychologie du Sport (SFPS), a rédigé une charte éthique régissant et règlementant les interventions en psychologie du sport des membres de la SFPS et professionnels accrédités par celle-ci.

   Le préparateur mental peut également rédiger sa propre charte ou son propre code de déontologie et apposer sa signature à côté de celle du sportif.

   Par souci éthique, mais également pour une clarté nécessaire, visant une collaboration future efficiente, le préparateur mental doit s’assurer que le sportif accepte de se soumettre à des entretiens individuels, et parfois à des tests. En ce sens, l’origine de la demande (par le sportif lui-même, son coach ou bien l’institution sportive) ne doit pas être négligée et il est du ressort du préparateur mental de clarifier ce point et de rendre sa liberté au sportif à tout instant, s’il en affirme le souhait.

    Dans son intervention, le préparateur mental s’engage, en accord avec sa qualification (qui vient de sa formation), à utiliser uniquement des outils validés scientifiquement, à mettre à jour ses connaissances (car les travaux de recherche en psychologie du sport avancent rapidement aujourd’hui), et à proposer un accompagnement en toute rigueur scientifique. A chaque moment de son intervention, il doit pouvoir justifier le choix de ses outils en même temps qu’expliquer le fondement théorique et la construction de ceux-ci.

    A la suite des entretiens et/ou de la passation des tests psychologiques, il est impératif de fournir un retour au sportif. Oralement et par écrit, il est important de lui présenter les caractéristiques psychologiques mesurées.

   Avec tact, empathie et objectivité, le préparateur mental doit présenter les résultats sans blesser le sportif, en expliquant plutôt les mécanismes en cause, et en évitant les conclusions hâtives et réductrices sur les aptitudes du sportif, à un moment donné.

 

 

Confidentiel  Clément DUROU

 

 

 

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